Les Etats-Unis et le Japon ont organisé leur premier US-Japan Cyber Dialogue, les 9&10 mai dernier, à Tokyo. Ce Cyber Dialogue se veut être une consultation entre les deux pays pour échanger des informations sur les menaces et risques dans le cyberespace, tenter d'aligner les politiques internationales en matière de cybersécurité, permettre une comparaison des stratégies nationales de cybersécurité, coopérer dans le secteur de la protection des infrastructures critiques, et constituer un forum régulier de discussion quant à la coopération entre Washington et Tokyo pour les aspects "cyber" liés à la défense et à la sécurité nationale des deux pays. (sources: http://www.imperialvalleynews.com/index.php/news/world/4078-u-s-japan-cyber-dialogue.html & http://www.globalpost.com/dispatch/news/kyodo-news-international/130510/japan-us-conclude-1st-dialogue-cyber-defense-cooperati )
La Bundeswehr a organisé un exercice de simulation de cyberattaques permettant de tester les capacités de son équipe de CNO du Kommando Strategische Aufklärung (Commandement de Reconnaissance Stratégique). (source: http://www.heise.de/newsticker/meldung/Bundeswehr-ruestet-sich-fuer-den-Cyber-Krieg-1859999.html)
Le gouvernement Indien a approuvé la National Cyber Security Policy, stratégie nationale destinée à augmenter les capacités de cybersécurité du pays (technologiques, ressources humaines,organisation, etc.). (source: http://articles.economictimes.indiatimes.com/2013-05-08/news/39116763_1_national-cyber-security-policy-cyber-space-security-posture)
Le Ministère de la Sécurité et de la Justice des Pays-Bas veut étendre ses prérogatives pour lutter contre la cybercriminalité et les botnets, en soumettant au vote un texte de loi qui autoriserait les autorités à accéder aux serveurs en imposant de donner son mot de passe par exemple. Plus de détails ici.
Le Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité Nationale 2013 a été officiellement présenté il y a peu de temps. Un volet important est consacré à la cyberdéfense, à lire ici.
Géopolitique et Enjeux Stratégiques du Cyberespace
Veille, réflexion, analyses des enjeux politiques et stratégiques de la sécurité et la défense des réseaux et systèmes d'information.
dimanche 12 mai 2013
mercredi 24 avril 2013
La relève stratégique française
Pas de cyber aujourd'hui, mais un regard sur la place de la recherche stratégique française dans le monde.
Diploweb relaye une partie du discours d'ouverture du séminaire "Etudes stratégiques" organisé par la DAS et l'IRSEM le 8 avril dernier. Dans ce discours, le GDI Bonnemaison parle de l'état de la recherche stratégique en France, de son influence dans le monde, et des problèmes liés. Voici un extrait à méditer (l'intégralité du discours est accessible ici).
" […] Comment nier l’évidence ?
La scène stratégique internationale est désormais largement dominée par lesthink tanks anglo-saxons et, de plus en plus, des grands pays émergents.
Rarement européens.
La vision dynamique est encore plus critique que cet instantané : au cours des dernières années, l’on a pu constater à l’échelle internationale une multiplication du nombre de think tanks, aux moyens humains et budgétaires parfois considérables, ainsi que des fora internationaux. Leur influence politique est de plus en plus significative. Ils illustrent clairement le caractère concurrentiel de la réflexion stratégique, domaine où l’influence de la France n’est pas à la hauteur de son poids réel sur les plans politique et stratégique.
Cette situation n’est pas nouvelle.
Elle a nourri, au cours des dernières années, de nombreux rapports qui ont fait des propositions visant à mieux structurer le champ de la recherche stratégique française.
Les mesures prises en conséquence par les pouvoirs publics se sont toutefois révélées incapables de faire émerger en nombre des pôles d’excellence à stature internationale, comparables à ceux de nos partenaires étrangers.
En effet, le champ de la réflexion stratégique nationale souffre encore de carences structurelles qui tiennent à la fois à ses caractéristiques propres mais également aux insuffisances de la politique publique en la matière :
Le principal constat porte sur le caractère éclaté et sous-critique du réseau universitaire et des instituts de recherche.
Cette situation est liée en particulier à la modestie des moyens financiers dont ils disposent, doublée d’une forte dispersion, ce qui les empêche de dégager des ressources pour être présents sur des thématiques émergentes ou très spécialisées, alors même qu’elles constituent un moyen appréciable d’acquérir notoriété et influence aux niveau national et international.
A cette dispersion et cette insuffisance financière s’ajoute une difficulté d’ordre culturel. A de rares exceptions près, les milieux universitaires d’une part, et les administrations régaliennes d’autre part sont relativement hermétiques l’un à l’autre, et ce malgré les progrès réalisés au cours des dernières années. En dehors de quelques personnalités reconnues et écoutées, qui font le lien, on constate généralement une grande étanchéité entre « académiques » et « praticiens », qui nuit à la vitalité de la réflexion et à la mise en débat de la politique extérieure, de défense et de sécurité.
Le rayonnement et l’influence au niveau international passent aujourd’hui par une maîtrise de certains vecteurs clés, tels que la participation aux séminaires et conférences internationaux, les publications et sites Internet ou encore la publication d’articles dans les grandes revues internationales, anglo-saxonnes pour la plupart. La multiplication des revues françaises traitant des questions internationales et stratégiques au cours des dernières années ne doit pas cacher le fait qu’elles s’adressent à un public essentiellement national, ce qui n’est pas en soi un problème mais signifie aussi que leur influence sur le débat international est quasi nul. La France ne dispose pas de revue comparable à celles dont disposent les Etats-Unis ou le Royaume-Uni.
Une vision équilibrée des choses impose également de souligner la responsabilité de la puissance publique dans cette situation.
La fragilité du modèle économique des instituts de recherche s’est accentuée au cours des dernières années du fait du désengagement progressif de l’Etat.
Désengagement, que n’a pu, ou voulu, compenser le secteur privé.
Les dispositifs ministériels de subvention ont été démantelés. Par ailleurs, certains ministères ont été amenés à réduire fortement leur budget de recherche du domaine "sciences humaines et sociales".
Cela pèse bien évidemment sur la visibilité financière des instituts, ce qui se traduit par une frilosité à s’engager sur des thématiques nouvelles et à recruter de jeunes talents.
Se pose ainsi de façon de plus en plus critique la question du renouvellement du vivier de chercheurs et spécialistes, tant au sein de la recherche publique que desthink tanks.
Cette "relève stratégique" constitue désormais un enjeu fondamental.
En la matière, notre ministère a pleinement conscience de la responsabilité qui lui incombe naturellement :
Les crédits que nous y consacrons représentent – et de très loin ! - le premier budget ministériel.
Son allocation est organisée selon un processus annuel de programmation, piloté par la Délégation aux affaires stratégiques, qui a fait l’objet d’une importante consolidation au cours des trois dernières années.
La réforme de la gouvernance ministérielle en matière de prospective et de recherche stratégique opérée depuis 2010 – incarnée par le désormais fameux "’CCRP" (Comité de cohérence de la recherche stratégique et de la prospective de défense), associant, outre la DAS, l’Etat-Major des Armées, la Délégation Générale de l’Armement, le Secrétariat général pour l’Administration et la Direction de l’Enseignement Militaire Supérieur – a largement profité à cette consolidation. De telle sorte qu’elle est désormais citée en exemple, si je me réfère notamment au dernier rapport sénatorial sur le sujet.
Mais notre effort ne doit pas s’arrêter là.
L’amélioration de notre gestion fut nécessaire mais ne répond pas aux enjeux que j’évoquais précédemment.
Nous devons désormais penser stratégiquement cet outil. L’imaginer comme un tout, cohérent et pérenne. Renforcer le dialogue et les interactions entre l’administration, le champ universitaire et les instituts privés.
C’est pourquoi le ministère de la Défense a décidé de mettre en œuvre une stratégiead hoc, déclinée autour de six objectifs :
1. Notre ambition première visera à assurer la relève stratégique que j’évoquais préalablement, c’est-à-dire entretenir dans la durée un réseau d’expertise de haut niveau, diversifié.
La situation actuelle se caractérise en effet par un inquiétant phénomène de polarisation fondé, d’une part, sur les "figures historiques" – largement reconnues sur la scène internationale – et, d’autre part, sur le soutien de la Défense aux doctorants, sans pour autant que les "jeunes pousses" intermédiaires – c’est-à-dire les post-doctorants ou les chercheurs entre 3 et 5 ans d’expérience par exemple - bénéficient du soutien suffisant à assurer cette relève stratégique que nous appelons de nos voeux, en qualité et en quantité.
De telle sorte que l’on constate un important phénomène d’"évaporation" des doctorants financés par le ministère dans le domaine des sciences humaines et sociales, incapables de s’insérer de manière pérenne sur le marché du travail national. De nombreux jeunes chercheurs manquent de perspective d’emploi et constituent désormais une sorte de "néo-prolétariat éduqué". L’effort financier apparaît ainsi peu rentable, voire contre-productif lorsque ces doctorants rejoignent les rangs de l’expertise anglo-saxonne et contribue à son rayonnement, au détriment de la réflexion stratégique française, voire européenne.
2. Nous souhaitons également orienter plus finement la recherche stratégique externalisée sur des thématiques prioritaires, de fond et émergentes.
Cet objectif vise à la fois à améliorer la satisfaction de nos besoins, mais devrait également contribuer à faire émerger des "pôles d’excellence" nationaux.
3. J’ai rappelé en liminaire le champ d’étude de plus en plus complexe et pluridisciplinaire auquel nous sommes confrontés. Il nous impose désormais d’élargir sensiblement le spectre de nos interlocuteurs.
Les universités françaises, servies par la diversité de leurs laboratoires,constituent à ce titre des partenaires naturels. Nous devons impérativement renforcer nos liens. Faire émerger des coopérations. Assurer une meilleure prise en compte par le champ universitaire des thèmes d’intérêt de la sécurité et de la défense.
A l’inverse, le ministère doit développer ses capacités d’accueil – de stagiaires de plus ou moins longue durée par exemple – et mettre sur pieds des passerelles d’échanges entre chercheurs.
Je rappelle, à ce titre, que l’IRSEM a été créé afin d’établir un pont entre la Défense et les universités. Nous devons désormais conforter cette spécificité et positionner l’Institut comme le creuset présent et futur de ce partenariat.
A titre d’exemple, la création de chaires serait de nature à permettre l’établissement de passerelles entre le monde académique, les entreprises, les instituts de recherche et la Défense.
De la même sorte, la formalisation d’une filière universitaire consacrée aux relations internationales et aux questions de défense apparaît comme une nécessité au regard de l’académisation déjà en cours au sein de certaines unités de l’enseignement militaire supérieur.
4 & 5. J’évoquais également la compétition internationale qui ne porte plus seulement sur la localisation des sites de production industrielle ou des places financières, mais également sur les idées, le débat stratégique. Accroître la diffusion de la réflexion stratégique nationale constitue la première étape d’une ambition plus globale qui vise à renforcer notre politique d’influence à l’échelle internationale.
Ces deux objectifs complémentaires devront donner lieu à des actions innovantes. En la matière, il ne s’agit en effet pas que d’une question de coûts et de moyens. Certaines expressions ou participations lors de fora internationaux offrent, par exemple, un "effet levier stratégique" plus important que d’autres. Etablir une cartographie de ces rencontres et vecteurs d’influence représente un coût marginal tout en nous offrant la possibilité de penser stratégiquement notre action.
Nous aurons également tout intérêt à jouer sur les complémentarités entre acteurs publics, mais également entre acteurs publics et privés. En l’espèce, un vaste champ s’offre à nous tant les marges de progrès sont importantes.
Concrètement, il sera proposé de développer la présence des auteurs français dans les publications étrangères reconnues pour leur qualité et leur influence et de soutenir l’émergence de vecteurs de communication sur la scène nationale, et surtout internationale, à travers le financement de traductions et le développement de sites Internet bilingues.
Sur un plan national, l’effort de mise en cohérence des structures situées sur le site de l’Ecole militaire pourrait se traduire notamment par l’émergence d’une revue majeure, bénéficiant d’efforts particuliers sur le plan qualitatif et en termes de rayonnement national et international.
6. Nous devons, enfin, rénover la nature des relations contractuelles avec les instituts de recherche privés.
Cette relation se fonde pour l’essentiel sur des contrats adossés au Code des marchés publics. Mais, là encore, nous devons dépasser notre cadre usuel.
A court terme, l’urgence est d’alléger la charge de cette gestion contractuelle, à la fois pour la Défense, mais également pour les instituts, en particulier pour les plus modestes d’entre eux.
Lorsque la gestion administrative et financière prend le pas sur le temps de la réflexion, c’est notre intérêt national qui en souffre.
J’ai rappelé à de multiples reprises la nécessité de penser stratégiquement : cette ambition doit également être déclinée au niveau de nos relations contractuelles.
La mise en place de "contrats cadres" pluriannuels visera à satisfaire cet objectif.
Ces contrats cadre permettraient d’accompagner sur le long terme l’effort de développement des instituts de recherche, de renforcer et élargir leurs compétences et de favoriser la relève via le recrutement de jeunes chercheurs. Ils ouvriraient la voie à l’émergence de pôle d’excellence et de spécialités.
Ces six objectifs devraient être fédérés et mis en cohérence afin d’élaborer la politique ministérielle en matière de recherche stratégique qui nous fait actuellement défaut. […] "
Copyright 2013-DAS
Source: diploweb.com
mardi 23 avril 2013
[via SI-VIS] "Programme "Olympic games" et cyber-conflits : la conférence de David E. Sanger à Paris"
Un excellent compte-rendu par si-vis de la conférence donnée par David E. Sanger jeudi dernier à l'Ecole Militaire, à l'initiative de la Chaire Castex en cyberstratégie. Je laisse en l'état, comme vous pouvez le trouver sur le blog de si-vis.
"La Chaire Castex de cyberstratégie organisait jeudi 18 avril 2013, à l'Ecole militaire, sa journée d'études sur les représentations du cyberespace avec pour point d'orgue la conférence du journaliste américain David E. Sanger. Pour le profane, ce nom ne dit sans doute pas grand chose. Journaliste au New York Times (1) mais également correspondant en chef de la Maison Blanche à Washington, son fait d'arme est d'avoir révélé le 1er juin 2012 l'existence d'un programme secret ("covert ops") de l'administration américaine appelé Olympic games (2) ("Jeux olympiques").
Du candidat au président : l'évolution de la pensée d'Obama en matière de cybernétique
En janvier 2009, a lieu la passation de pouvoir dans le bureau Ovale entre Barack Obama, fraîchement élu, et son prédécesseur Georges Bush Jr. Ce dernier explique à Obama qu'il y a "deux programmes secrets qu'il faut poursuivre". En effet, l'histoire du programme Olympic games débute sous l'ère Bush fils. Y ont été décidés deux programmes "cover ops" majeurs : l'un concernant l'utilisation massive de drones pour frapper les cadres d'Al Qaïda et affidés, en particulier dans les zones tribales, entre l'Afghanistan et le Pakistan, l'autre concernant le programme nucléaire iranien qui deviendra ensuite "l'affaire Stuxnet". Pour la petite histoire, il semble que des essais aient eu lieu sur le territoire américain et que fût apportée à la Maison Blanche le même type de centrifugeuse que celles utilisées par l'Iran. Impressionné par le long cylindre endommagé, le président Busk aurait dit "Ok, I'm convinced" (3).
David Sanger relève d'ailleurs un fait intéressant concernant l'évolution de la pensée "cybernétique" d'Obama entre sa campagne de candidat et ses fonctions effectives de président. Initialement, seule la protection des informations gouvernementales et la protection des données privées des citoyens faisaient partie de l'horizon du candidat. Une fois élu et ayant connaissance du programme Olympic Games, la pensée de l'administration évolua vers l'utilisation offensive de moyens cybernétiques. Il est d'ailleurs étonnant de noter qu'entre les deux périodes, le président pensait uniquement en termes de défense face aux attaques par des "groupes chinois". A propos de la Chine d'ailleurs, David Sanger considère qu'on ne peut pas parler de "cyberguerre" avec les USA mais qu'il s'agit essentiellement d'attaques malveillantes et criminelles, rien de plus.
Cyberguerre, intentions, frappes préemptives et difficultés d'attribution
Concernant les aspects guerriers, David Sanger pense que nous ne sommes qu'au début d'un processus qui n'atteindra sa maturité qu'en 2020/2025. L'utilisation de cyberarmes devrait changer les conditions de la guerre au même titre que l'introduction de nouveaux armements a modifié les précédents conflits : sous-marins, blindés, aéronefs, radars, etc. D'après David Sanger, certains pays disposeraient déjà de cyberarmes "prêtes à l'emploi", c'est à dire pouvant être activées immédiatement en tant qu'effecteurs avec des impacts certains. Certaines stations de contrôle de pipelines pourraient faire partie des cibles immédiates.
Toujours à propos de conflits, David Sanger soulève plusieurs point d'intérêts sur lesquels des chercheurs et certains stratèges "phosphorent" depuis quelques années, le domaine cybernétique étant devenu un champ de recherche à part entière. Il y a d'abord le problème de l'escalade : jusqu'où et par quelle "gradation" les cyberattaques sont-elles efficaces ? Ensuite, demeure la question la définition d'un acte de guerre cybernétique ("vous le saurez quand il aura lieu !") et des frappes préemptives. Malgré le parallèle qui peut être fait avec l'arme nucléaire, comment expliquer au reste du monde des cyberattaques destructives si l'attaquant supposé nie toute velléité belliqueuse ? La difficulté de démontrer une intention, réelle ou supposée, apparait donc au même titre que le problème de l'attribution.
Pour ce dernier, de nombreux acteurs pouvant générer des perturbations, y compris des dégâts matériels, coexistent au-delà des États : groupes criminels, hacktivistes voire individus. De fait, l'existence de traités demeure très incertaine car comment pourrait réagir, par exemple, le président américain ayant signé un accord avec son homologue chinois si un groupe chinois, quel qu'il soit, lançait des attaques massives vers les infrastructures critiques américaines ?
Les infrastructures critiques, talon d'Achille
David Sanger considère enfin que la défense des systèmes gouvernementaux serait plutôt bonne maintenant mais que l'inquiétude majeure porte sur les infrastructures critiques. De plus en plus considérées comme le talon d'Achille des sociétés modernes et évoluées, la question n'est plus de savoir si elles seront une cible mais comment les protéger suffisamment ? Une protection qui devra leur permettre de résister suffisamment (résilience) à des attaques massives efficaces en quelques millisecondes. Sachant que c'est assurément l'infrastructure concernant le secteur de l'énergie qui aurait des impacts vitaux majeurs, les autres infrastructures critiques en étant dépendantes.
Pour conclure, saluons l'initiative de la chaire Castex qui a organisé cette conférence en peu de temps. David Sanger est bien au fait des évolutions, de la pensée et des questions de l'administration américaine face au domaine cybernétique. Clair, à l'aise et plutôt charismatique, David Sanger a évité l'écueil cognitif d'une déformation culturelle où seule une façon de penser ferait force de loi.
(1) gage de sérieux et de crédibilité journalistique !
(2) Obama Order Sped Up Wave of Cyberattacks Against Iran
(3) "D'accord, je suis convaincu" "
Source: http://si-vis.blogspot.fr/2013/04/programme-olympic-games-et-cyber.html
dimanche 14 avril 2013
EDA & Cooperative Cyber Defence Centre Of Excellence Establish Liaison
Cooperation between different actors has been acknowledged to be crucial for developing higher resilience against cyber threats. This notion is also included in the recently published Cyber Security Strategy for the European Union.
Consequently, the European Defence Agency (EDA) and the Cooperative Cyber Defence Centre of Excellence (CCD COE) in Tallinn, Estonia, liaise to explore opportunities of cooperation and propose activities in support of building cyber defence capabilities . The initial areas of exploration will be training, common terminology and on-going research projects.
The cooperation between the two organisations aims at avoiding duplication of efforts and at allocating resources more efficiently by exchanging information on common topics. Both organisations expect the liaison to bring significant added value to EDA participating Member States and CCD COE sponsoring nations.
Source: EDA
vendredi 12 avril 2013
La cybersécurité, priorité stratégique et budgétaire pour la Maison Blanche en 2014
Le président Obama a fait part mercredi de ses propositions budgétaires pour l'année fiscale 2014, pour lesquelles la protection des systèmes d'information, des réseaux, et des infrastructures vitales interconnectées bénéficie d'une hausse de budget substantielle (+$800 millions, faisant passer le budget total de cybersécurité-cyberdéfense de $3,9 milliards à $4,7 milliards, soit +20,5%).
Bien qu'on ne connaisse pas avec précision la répartition de cette hausse entre les institutions en charge des missions de cybersécurité, le communiqué ajoute que le Department of Homeland Security (DHS) a demandé une augmentation du budget cybersécurité de $810 millions pour protéger les SI et réseaux fédéraux ainsi que les infrastructures vitales américaines, auxquels s'ajouteraient $44 millions pour créer et/ou améliorer le partage et échange d'informations sur les vulnérabilités, menaces, risques, et techniques d'attaques entre les institutions fédérales et les entreprises du secteur privé.
D'autre part, ces annonces budgétaires ont été l'occasion pour la Maison Blanche de réaffirmer que la lutte informatique (offensive et défensive) est maintenant considérée comme une menace plus sérieuse que le terrorisme pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Les coûts associés aux vols de données et les scénarios mettant en scène des attaques informatiques capables de frapper le territoire américain et ses citoyens ont donc supplanté la crainte d'une attaque terroriste. La Maison Blanche garde ainsi le cap qu'elle s'est fixée depuis le premier mandat d'Obama ; s'appuyant sur un alarmisme hollywoodien qui sert à la fois les intérêts des fournisseurs d'outils de cybersécurité et les objectifs stratégiques de Washington (maintenir le fossé technologique militaire avec les autres grandes puissances militaires et ses adversaires), la rhétorique associée évolue donc logiquement dans ce sens. Je l'ai déjà répété plusieurs fois ici, mais on a l'aboutissement d'un effort démarré il y a plusieurs années maintenant pour placer la protection des SI et réseaux américains sur le devant de l'agenda politique ; pour comprendre comment cela s'est passé et quels étaient les enjeux liés, lisez l'excellent travail de M. Dunn Cavelty (oui, j'insiste).
mardi 9 avril 2013
A Russian Cyber Command by the End of the Year.
With cyber viruses posing a threat to state networks, the Russian Ministry of Defense has decided to create a specialized network command to protect the information structures of the Russian state.
Experts say cyber viruses are no longer a threat only to home networks, but are increasingly being used as dangerous weapons aimed at state networks. In this context, the Russian Ministry of Defense has decided to create a specialized network command to protect the information structures of the Russian state.
According to media reports, Russia’s Defense Minister Sergei Shoigu recently gave the General Staff several months to complete proposals for the creation of an army “cyber command.” (suite)
Source: http://rbth.ru/politics/2013/02/27/russian_army_developing_cyberattack_defenses_23313.html
Experts say cyber viruses are no longer a threat only to home networks, but are increasingly being used as dangerous weapons aimed at state networks. In this context, the Russian Ministry of Defense has decided to create a specialized network command to protect the information structures of the Russian state.
According to media reports, Russia’s Defense Minister Sergei Shoigu recently gave the General Staff several months to complete proposals for the creation of an army “cyber command.” (suite)
Source: http://rbth.ru/politics/2013/02/27/russian_army_developing_cyberattack_defenses_23313.html
Présentation de la Réserve Citoyenne Cyber (RCC) française.
Dans le cadre de la préparation de la journée nationale du réserviste qui s'est tenue le 4 avril dernier, le réseau de réserviste cyberdéfense a organisé une rencontre avec des journalistes afin de présenter l'intérêt, les attentes et les objectifs d'une telle démarche.
Voici le communiqué de presse :
"Désireux de sensibiliser les citoyens aux problématiques de sécurité informatique, le réseau de réservistes « cyberdéfense » a organisé une rencontre avec des journalistes le 2 avril aux Invalides. Dans la perspective de la journée nationale du réserviste du 4 avril, ce fut l’occasion de présenter une autre forme d’engagement de service public : la réserve citoyenne.
Créé à l’été 2012, le réseau « cyberdéfense » de la réserve citoyenne (RCC) est composé d’une cinquantaine de membres actifs rattachés à une armée (air, terre, marine ou gendarmerie). Dans une perspective interministérielle, ils travaillent bénévolement sur des problématiques liées à la cybersécurité. « On traite ce sujet de manière transverse et interarmées, au profit d’une grande cause nationale qui concerne les citoyens dans leur vie privée, la sécurité des entreprises et l’état régalien, souligne l’amiral Arnaud Coustillière, officier général à la cyberdéfense à l'Etat-major des armées, le réseau soutien la posture nationale de sécurité. »
Magistrats, acteurs du secteur privé ou encore représentants étatiques se réunissent régulièrement au sein de groupes de travail pour mener des réflexions sur le sujet. Tous ces réservistes en conviennent : le partage des points de vue et des expériences est un atout considérable. Depuis une dizaine d’années Myriam Quemener, procureur adjoint à Créteil, s’intéresse à la cybercriminalité. Elle trouve dans la réserve citoyenne cyber, un moyen « de resituer la problématique dans son ensemble. Il y a tout un maillage à faire entre les acteurs d’horizon différents pour une action efficace. » Du côté de la Direction générale pour l’armement, « le travail d’expertise technique laisse en suspens des questions juridiques, économiques, etc. », remarque l’ingénieur en chef de l’armement Guillaume Poupard. « Or, nous avons besoin de nous fédérer pour avoir une démarche étatique cohérente. » Pour Sébastien Héon, membre d’EADS/Cassidian, « la cybersécurité n’est pas qu’une affaire de techniciens. Il nous manquait une capacité de partage de réflexions sur les aspects juridiques, économique, stratégiques, etc. La réserve citoyenne cyber nous permet d’avoir une vision élargie et par conséquent une meilleure analyse des événements. »
Si le réseau fédère les compétences pour améliorer les réflexions, l’objectif n’est pas d’augmenter les effectifs militaires par des réservistes en cas de cyberattaque. « S’il y a une crise informatique, nos réservistes "techniciens" seront déjà occupés par leurs activités dans les groupes privés de sécurité informatique ou à l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information, et on ne pourrait pas les solliciter », souligne l’amiral Coustillière. « Notre réserve est citoyenne car nos bénévoles apportent une réflexion et une expérience. » Pour l’instant, l’officier général à la cyberdéfense ne souhaite pas augmenter de façon importante le nombre de réservistes citoyens cyber afin de « ne pas se disperser ». Pour autant, il envisage d’étendre ce réseau à la Province, afin de relier davantage les acteurs et les citoyens aux problématiques de cybersécurité, la raison d’être de ces réservistes."
Source: http://www.defense.gouv.fr/actualites/communaute-defense/reserve-citoyenne-cyber-une-demarche-originale/(language)/fre-FR
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